Les applications de la santé mentale positive

Les neurosciences regroupent toutes les disciplines étudiant les fonctions du système nerveux tant central (le cerveau) que périphérique ou végétatif (les fonctions du corps, mais aussi l’activité sensorimotrice). L’IPNS s’intéressent aux neurosciences affectives, cognitives et sociales pour améliorer la qualité de vie des jeunes et des moins jeunes.

L’Organisation mondiale de la santé décrit, depuis sa constitution, que « la santé est un état de complet bien-être physique, mental et social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité. »

Depuis quelques années, plusieurs auteurs se sont intéressés aux différentes sphères qui influent tant sur la conceptualisation que l’intervention en santé intégrative. Celle-ci s’articule autour de plusieurs aspects interdépendants afin de soutenir, de maintenir, de soulager et d’éventuellement guérir les personnes qui se présentent à eux.

Sur la base des connaissances accumulées en neurosciences affectives et sociales, Dr Joël Monzée a documenter les fondements de la science de la bienveillance pour inspirer les adultes à créer des cercles vertueux favorisant l’éducation pacifique (parents et intervenants) et la communication pacifique (couple, réseau social, relations avec les collègues ou les employés, etc.).

C’est dans cette perspective que les conférences et formations de l’IPNS proposent des moyens concret pour que chaque personne puisse prendre soin de sa santé physique, affective et sociale, ainsi que de celle de ses enfants, élèves, patients et clients

La santé mentale intégrative: LE défi du 21e siècle

Au 20e siècle, les recherches en médecine, en psychiatrie et en psychologie se sont largement concentrées sur les différents symptômes rapportés par les patients pour décrire les difficultés psychologiques et sociales. De nombreux médicaments ont ainsi été créés ou leur usage a été transformé pour réduire l’intensité des symptômes. Ils permettent simplement à la personne de fonctionner en société, mais ils ne guérissent pas.

Depuis le début du 21 siècle, les chercheurs et les cliniciens s’interrogent sur les conditions qui favorisent la santé optimale. C’est ainsi que le concept de santé mentale positive a été proposé pour encourager les stratégies éducatives et thérapeutiques, mais aussi les décisions des gouvernements et l’engagement des gestionnaires à promouvoir les moyens nécessaires pour favoriser le développement global de la personne dans toutes les sphères de sa vie pour qu’elle développe son autonomie affective et sociale.

Fig. 1: Les deux options des stratégies éducatives ou thérapeutiques:
miser sur le lien de qualité ou reproduire les conditions traumatiques (Monzée, 2024, 2026).

La santé mentale positive encourage une perspective transdisciplinaire pour identifier les différents outils de support, les facteurs de promotion de la santé globale, mais aussi les facteurs de protection, et les déterminants sociaux ou environnementaux sur lesquels ont peut agir afin d’aider chaque personne, quel que soit son âge ou son rôle, à développer ses ressources et contribuer de manière responsable à la vie en communauté.

En créant des expériences de mieux-être accompagnées (éducation ou thérapie), cela permet de briser le cycle de la violence éducative ou domestique omniprésent dans nos sociétés depuis des générations. Pour ce faire, il s’agit de créer un environnement optimal qui soutiendra le développement de la personne dans toutes les sphères de sa vie. 

Ainsi, on favorise sa pleine santé affective, cognitive et sociale, ce qui permet un épanouissement individuel et collectif au sein des familles, des écoles, des communautés et des lieux de travail. Ensemble, cela permet de favoriser des environnements scolaires, sociaux et professionnels respectueux des uns et des autres.

En 2026, Joël Monzée a publié un article fondateur dans la revue savante de l’European society of medicine pour introduire les concepts de la santé mentale intégrative qui tient compte de tous les systèmes neurobiologiques du corps humains qui influent sur les ressources affectives, cognitives et sociales des êtres humains.

Objectif: intervenir de manière pacifique

Depuis une trentaine d’année, les neurosciences affectives et sociales se sont développées, parfois contre la résistance des milieux scientifiques et cliniques, car l’émotion et les affects, ainsi que les motivations ou les intentions, ne se mesurent pas aussi facilement que le calcul de la vitesse d’une pomme qui tombe de l’arbre.

Ce domaine de recherche a permis de faire des liens, comme expliqué ci-dessus, entre les traumas de l’enfance et l’émergence de la plupart des maladies chroniques et du décrochage social des individus. Certes, il y a souvent un facteur de vulnérabilité, mais ce sont les traumas psychologiques qui, perturbant plusieurs systèmes du corps humains, vont induire des troubles psychiatriques. 

En revanche, tant les relations respectueuses que la discipline constante, cohérente et bienveillante vont avoir comme heureux bénéfice le développement de saines ressources affectives, cognitives et sociales. C’est le principe de la science de la bienveillance, car les neurosciences démontrent les bienfaits physiologiques de la compassion sur les jeunes et les moins jeunes.

Malheureusement, le concept de la bienveillance est souvent mal compris. En fait, certaines personnes le comprennent comme une invitation à la non-intervention, ce qui entraîne immanquablement du laxisme dans les interventions familiales ou éducatives, mais aussi dans les modes de gestion des employés. Cela a renforcé parfois l’intensité des comportements stigmatisés par le concept d’enfant-roi.

Or, la bienveillance n’est pas une manière de faire, mais une manière de savoir-être pour optimiser le savoir-faire. Ainsi, la bienveillance est avant tout une posture affective que chaque personne peut embrasser pour prendre soin d’elle-même afin d’agir avec son entourage, quel que soit son rôle, avec bonté, solidité, cohérence et constance. 

Fig. 2: Créer un cercle vertueux pour favoriser les comportements appropriés grâce à la corégulation des émotions
(adapté de Gueguen 2014, Monzée 2024, 2026d).

Le concept de communication et d’éducation pacifique a été proposé par Joël Monzée en 2024 pour sortir des conflits nés d’une mauvaise compréhension des concepts de parentalité bienveillante, de psychologie positive ou de micro-agression, qui augmentent la résistance à un changement de paradigme tant en éducation (famille, petite enfance et scolarisation) qu’en clinique ou en gestion de personnel.

Les neurosciences affectives et sociales nous expliquent que, dès lors, le fonctionnement du cerveau, par la libération de neurotransmetteurs essentiels pour vivre une certaine sérénité, contribue dès lors à installer un environnement propice à la responsabilité individuelle, à la collaboration, aux saines relations, à l’engagement dans ses études, comme dans sa vie familiale ou professionnelle, etc.

En choisissant d’intervenir et de communiquer de manière pacifique, on crée des relations saines et un environnement affectif et social qui soutiennent le développement des jeunes et des moins jeunes pour que ces personnes puissent s’impliquer de manière responsable dans leur famille, leur scolarité ou leur travail.

Les pratiques éducatives proposées par l’IPNS sont basées sur les connaissances en psychologie, pédagogie et en neurosciences affectives et sociales qui orientent des stratégies de soutien du développement de la personne, de l’enfance à la vieillesse, en passant par l’adolescence et l’âge adulte.

Quant aux pratiques thérapeutiques, elles sont proposées dans une perspective transdisciplinaire afin de tenir compte de tous les facteurs et déterminants pour maintenir, améliorer ou recouvrer une santé mentale et physique optimale.

Elles s’appliquent également sur la dynamique des équipes, que ce soit au sein de communautés de pratique favorisant la saine collaboration et la transdisciplinarité, ainsi qu’au sein d’une institution ou d’une entreprise.

MOYENS: développer de meilleures ressources

Qu’on le veuille ou non, les interventions conviennent à certains, mais pas toujours à tous. Et même si elles conviennent, le succès n’est pas garanti. Les échecs de nombreuses actions, c’est qu’elles ne tiennent pas toujours compte de la dynamique et du sens du comportement du jeune ou du moins jeune. 

Par ailleurs, il est rare qu’on nous ait appris à tenir compte de notre propre logique d’intervention. Conséquemment, cela mène à de nombreux rapports de force, surtout avec les personnes que nous aimons le plus.

L’expérience humaine, de l’enfance à la vieillesse, est influencée par de nombreux éléments parfois soutenants, parfois perturbateurs de la vie affective. La vie d’aujourd’hui est souvent très anxiogène et elle déclenche des maladresses, des comportements dérangeants et des mécanismes de défense.   

C’est ainsi qu’une approche transdisciplinaire est souvent préférable à l’usage strict d’une méthode ingénieuse ou une technique formalisée en laboratoire. En fait, l’art de l’intervenant repose surtout sur sa capacité à adapter ses connaissances théoriques et son expérience d’intervention à la réalité de la personne qui est accompagnée. 

Par ailleurs, l’état émotionnel du parent ou de l’intervenant est sans doute le facteur de réussite ou d’échec le plus important pour comprendre les effets d’une stratégie. Le savoir-être doit donc être considéré avec autant d’attention que le savoir-faire.

Fig. 3: Distinguer les niveaux d’intervention éducative ou thérapeutique
(Monzée 2022, 2026abc).

C’est pour cela que les services de l’IPNS proposent différentes options au lieu de cibler uniquement une catégorie de personnes. Les outils et les stratégies proposées visent avant tout le savoir-être de chacun, alors que le savoir-faire s’appuie sur le potentiel, comme les défis, des jeunes et moins jeunes visés par l’intervention.

Il s’agit également de déterminer les niveaux d’intervention pour simplifier le travail en misant sur la transformation du milieu afin d’accroître le sentiment de sécurité affective.

Les formations sont présentées selon les différents rôles joués par chacun. Certaines sont disponibles dès maintenant en individuel ou en couple (formation en ligne), alors que d’autres sont construites selon les besoins singuliers de petits-groupes, de groupes ou de l’ensemble du personnel (formation au sein d’institutions, d’associations ou d’entreprises).

En outre, des rencontres en individuel pour les gestionnaires d’institution ou d’entreprises, ainsi que des séances de supervision clinique ou des communautés de pratique pour des membres d’équipe-école ou des professionnels de la santé peuvent s’organiser afin de permettre l’intégration des connaissances acquises lors des formations.